Boîte à musique ancienne

NOTE :
Pierre Billon Antiquités effectue la réparation de boîte à musique ancienne.

Origine de la boîte à musique ancienne

La musique mécanique est l’art de reproduire le jeu des doigts et de la main sur un clavier ou un instrument de musique quelconque. Le premier instrument à avoir utilisé un mécanisme est le carillon, celui des cathédrales et des beffrois à partir du XIV siècle.
Le maître horloger genevois Antoine Favre (1734 – 1820) imagine, en 1796, d’utiliser les propriétés du diapason et d’une lame de ressort pour produire des sons. Il crée un instrument qui joue mécaniquement en faisant vibrer des lames d’acier accordées au moyen d’un cylindre pointé.

Boîte à musique ancienne

Boîte à musique ancienne

La boîte à musique ancienne à cylindre

C’est en 1811 que la boîte a musique, venant de Genève, fit son apparition à Sainte Croix où elle trouva son vrai lieu d’élection.
Avant de gagner les hauteurs du Jura vaudois, la fabrication des boîtes à musique se trouve à Genève, avec l’apport d’artisans inventifs venus de la vallée de Joux, les Nicole, Lecoultre, Piguet et Meylan. Abraham­Louis Cuendet est un des premiers fabricants de boîtes à musique dans la région de Sainte­ Croix. Puis apparaissent Henri Jaccard, Samuel Junod, Jérémie Recordon. En 1814, Moïse Paillard fonde un comptoir d’horlogerie qui deviendra la célèbre maison Paillard. Deux ans plus tard est constituée la société Louis Mermod qui deviendra Mermod Frères.
Dans les années suivantes, d’autres artisans s’intéressent à la boîte à musique : les Bornands, puis Jules Cuendet. En France, en 1839, Auguste l’Epée crée une manufacture de boîte à musique dans une ferme à Montbéliard. En 1850, l’activité et étendue à l’horlogerie. Le succès nécessite la construction d’une nouvelle usine à Sainte Suzanne, qui sera opérationnelle en 1862.
La société obtient des médailles à l’exposition universelle de Paris en 1878 , à celle de Vienne en 1892 et celle de Hanoï en 1902.
Au décès de son fondateur en 1875, l’affaire est poursuivie par ses deux fils Charles­Auguste et Henry, sous la raison sociale « Auguste l’Epée et Cie » En 1878, la production est de 2000 grandes boîtes à musique et 40 000 petites. L’usine est agrandie en 1887, annexe de la fabrique de boîtes à musique, dotée d’un atelier de fonderie terminé en 1895. En 1900, la vogue des boîtes à musique passe de mode.
En 1896, par anticipation, la société se lance dans la fabrication de mouvements mécaniques pour phonographes à rouleau pour laquelle un atelier est dédié.
Par la suite, elle se spécialisera dans la fabrication de l’horlogerie et des appareils de précision, jusqu’en 1983 date à laquelle elle est cédée successivement à diverses sociétés, puis déposera le bilan en 1995, fermeture définitive l’année suivante.
L’Epée est la seule fabrique importante de boîtes à musique en France. Quelques artisans, dans le Jura notamment, on fabriqués des boîtes à musique, mais cette production reste anecdotique.

La boîte à musique ancienne à disques

La boîte à musique ancienne à cylindre est de nationalité Suisse, la boîte à musique ancienne à disque est de nationalité Allemande.
En 1886, Paul Lochmann invente une boîte à musique dans laquelle le cylindre est remplacé par un disque garni d’aspérités en forme de crochets sur l’une des faces, qui mettent les lames en vibration par l’intermédiaire d’une roue étoile.
Il déposera un brevet mais de nombreuses entreprises copieront son principe et plusieurs procès s’ensuivront (notamment entre la marque Symphonion et Polyphon).
En effet, le disque présente de nombreux avantages : il est plus simple à fabriquer et à usiner, donc moins cher, et facilement remplaçable. Les disques en tôle sont découpés à la presse et les notes sont poinçonnées sur des machines de grande technicité, tandis que les cylindres sont percés et goupillés manuellement. Ainsi, les disques sont produits en grande quantité, à un prix compétitif.
De nombreux titres sont disponibles, ce qui permet d’écouter, avec une seule boîte à musique, une grande variété d’airs.
Pour lutter contre cette concurrence allemande, les fabricants suisses se lancent aussi dans la fabrication de boîtes à musique à disque : les boîtes à disques « Harmonia », brevetées en 1895, sont légèrement différentes de la technologie allemande : les crochets sont remplacés par des trous. Ce sont alors de petits leviers qui viennent s’imbriquer dans ces trous et font vibrer les lames. La société Mermod Frères s’est également reconvertie en 1896 dans les boîtes à disques, avec le modèle « Stella » utilisant le même principe que les boites « Harmonia ».
Vers 1877, le phonographe est vulgarisé et provoque le déclin des boîtes à musiques et de l’ensemble des appareils dits « autophones » Le phonographe sera, à sont tour, remplacé vers 1887 par le gramophone mis au point par Emile Berliner.